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Publié par IRCE - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Une nouvelle vision européenne

Je ressors cet ancien article de 2015 applicable universellement pour travailler ensemble au sein d'une même politique générale

pour créer une gouvernance au sein de la zone euro

pour créer une fiscalité désirée et non obligée

pour une politique des transports, une politique d'environnement

etc...

L’Union européenne a bien évolué depuis les années 50. De nombreux pays demandeurs d’une meilleure économie s’y sont ajoutés tel un puzzle qui se constitue, invités par la structure mère, prête à les accueillir surtout pour élargir et contrôler sa zone sécuritaire et économique, voire parfois acquérir certaines ressources stratégiques. Mais quelles en sont les réalités ?

Par François CHARLES

Conseil en stratégie et management, ancien responsable de politique industrielle à la DGA, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

Ces 28 et futurs autres pays doivent-ils pour autant vivre et mûrir de façon identique et « aux hormones européennes », accepter ou faire supporter certains risques à leurs voisins tout en restant néanmoins dans une même membrane générale ? Les dirigeants qui veulent une Europe identique pour tous, comme autrefois Jean Monnet ou Napoléon, savent bien qu’il faudra du temps pour atteindre leur objectif. Le citoyen, surtout chef d’entreprise, que nous rencontrons sur le terrain et confronté à la concurrence, reprend cette demande quand il n’y trouve pas son compte. Il ignore souvent qu’avec une baguette magique il peut se retrouver prince ou crapaud s’il convient de faire des concessions et ignore souvent les réalités liées à la mise à niveau des plus faibles pour parvenir au niveau et aux critères des plus forts, alimentant souvent la nostalgie des frontières. Les objectifs des uns sont parfois éloignés de ceux des autres. « Chacun ses lunettes ». Mais ils doivent être mesurables, accessibles, réalistes, réalisables et déterminés dans le temps (SMART). En terme de gouvernance ou de fonctionnement thématique, pourquoi faudrait-il prendre le modèle français, celui de l’Allemagne, ou de l’Autriche, voire celui de la Pologne ? La règle juridique instituée actuellement est soit obligatoire, soit incitative, soit subsidiaire sur des thématiques différentes. L’Europe pour tous est donc bien en marche dans une certaine mesure mais pas dans tous les domaines. Et faut-il y parvenir désormais que les trois piliers de Maastricht sont mis à bas ? Le vote prochain nous le dira peut-être mais sans doute n’est-ce pas la bonne issue. Certaines façons de vie ne peuvent-elles pas rester spécifiques dans les Etats, au moins un certain moment afin qu’elles n’impactent pas les autres ? Certaines thématiques, par contre et par exemple, comme le transport ou la pêche qui ont des incidences financières et sociales ont légitimité à être soit harmonisées par règlements et on directives, soit compensées sans toujours laisser faire la concurrence car certains pays, qui ne sont pas prêts dans certains domaines, faussent les règles des plus développés.

Comme nous le suggérons dans les cluster ou autres pôles, par retours d’expérience terrain et de l’utilisation de la Théorie des Organisations, dès qu’un groupe dépasse neuf membres, certains sous-groupes peuvent se former, non forcément en contre pouvoir mais au contraire dans une notion de meilleure maturité, voire de créativité afin de préserver un travail rentable, une stratégie consolidée et apporter une certaine concurrence devenue saine.

Au-delà des notions de leadership et de gouvernance fédérales ou confédérales, une solution consisterait à créer des sous-groupes de cohérence thématiques dans les domaines transverses ou stratégiques comme l’économie, l’industrie, l’énergie, les fonds structurels, la concurrence… au sein de la membrane des pays membres comme il en existe déjà avec l’Euro, l’espace Schengen et l’environnement par rapport au processus de Kyoto. Nous pourrons aussi travailler sur des groupes de cohérences dans la défense avec des spécialisations d’intervention et une confiance mutuelle, avec des produits rangés dans des cohérences marketing et opérationnelles (Gripen / rafale). Les pays ne seront pas forcément voisins car ce critère n’est pas toujours synonyme de cohérence.économique et stratégique même si un des buts est de réconcilier les peuples. Les groupes pourront respecter certaines réalités historiques qui ne doivent pas non plus nous empêcher d’avancer mais de le faire en connaissance de cause.

Ces sous-groupes contribueraient sans doute à créer une certaine préparation de maturité dans les domaines « socles » transverses du domaine des « règlements » mais également générer une certaine segmentation, un lien d’interdépendance permanent entre les membres.

Ceci ne remet pas en question la construction actuelle mais lui rend un sens afin de ne pas créer une Europe aux hormones sans consistance. Une crise grecque, espagnole ou portugaise, dont on parle peu, pourra être gérée sans crainte de sortie de l’Union. A contrario, il s’agira aussi de protéger les membres ses sous-groupes contre d’éventuelles catastrophes si le « moteur » européen venait à lâcher, ne l’oublions pas. Reste à savoir si, comme à Fukushima, les murets doivent être de 5 mètres ou de 15 pour protéger du raz de marée, ici en l’occurrence d’une fuite d’huile ou d’une explosion, en fonction de l’historique que nous connaissons. Un système de compensations entre groupes de pays pourra être mis en place dans certains secteurs ou pour certains essais d’harmonisations comme par exemple dans le domaine fiscal, même si nous pouvons vivre sans, comme aux Etats-Unis.

Chaque membre pourra évoluer dans un autre groupe avec une vraie atteinte de critères d’adhésion, contrairement à ce que nous connaissons quand on voit par exemple le problème des minorités non encore réglé dans certains pays comme en Roumanie ou dans les pays Baltes, mais encore une fois, chacun ses lunettes et certaines réalités d’urgence peuvent aussi faire adopter d’autres décisions politiques primant sur les décisions techniques. Le Royaume Uni l’a un peu initié au moment de l’Union Monétaire.

Contrairement à ce que l’on pense, les Petits et les Moyens Etats (PME), pour reprendre une expression de madame l’ambassadeur d’Autriche, pourront mieux faire entendre leur voix face au moteur s’ils se regroupent, comme les PME industrielles, sans oublier qu’un moteur sans carrosserie n’est rien et que la Pologne peut aussi être un moteur auxiliaire. Dans le domaine industriel, les « PME » ont été valorisés au sein de l’OTAN dans les années 90 pour contrer certaines offres anglo-américaines. Certains politiques devraient mieux comprendre les notions de stratégie, de marketing ainsi que la Théorie des Organisations de Berne (TOB) avec ses notions de leadership, de structure, de membres et sous-groupes, d’activités et d’énergie du groupe dans ses environnements interne et externe, pour éviter l’incohérence de réclamer un « Airbus de l’énergie » sans comprendre la force de la segmentation si elle reste interdépendante de la politique générale du groupe. Mais les PME peuvent aussi vouloir faire partie du bateau amiral. Reste à savoir si les gros pays les acceptent et pour quelle raison, comme quand on aborde la notion de portage entre les groupes et les Petites et Moyennes Entreprises où les approches sont différentes d’un pays à l’autre, notamment entre la France et l’Allemagne, soit par intérêt, soit par culture.

Certains exposeront le risque de scission mais je considère que cette dernière est plus forte s’il y a marginalisation et absence d’écoute, comme actuellement et même si les Etats-Unis nous ont montré un contre-exemple. Certains mettront en garde contre l’Allemagne qui n’a pas rayonné dans des colonies à travers le monde mais qui sait le faire dans son ancienne zone Mark où la force de l’euro n’est ni un problème ni une excuse.

Enfin, si l’Allemand vit encore avec le spectre de la république de Weimar où il allait acheter son pain avec une brouette de billets, et si F. Mitterrand a réussi à créer un lien franco-allemand fort par la monnaie comme autrefois d’autres à travers le charbon et l’acier, nous devons toutefois toujours veiller aussi à une certaine cohérence et un certain équilibre au sein du moteur qui ne doit pas se dissocier.

Et n’oublions pas que si nous disons souvent que la guerre économique a remplacé la guerre militaire, en Ukraine voisine, c’est bien la guerre économique qui a engendré désormais des tensions militaires. (Voir l’article « faut-il sauver le soldat européen Ukraine » et les suivants).

GROUPE VISEGRAD (reçu en Suisse)  crédit photo Le Monde

GROUPE VISEGRAD (reçu en Suisse) crédit photo Le Monde

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