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Publié par IRCE - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Une nouvelle vision européenne

CET ARTICLE BOUCLE LA SERIE SUR LA CRISE EN UKRAINE QUI SERA PUBLIEE EN OUVRAGE

Suite aux réalités globales des articles précédents, nous terminerons en posant les options de maintien ou de sortie de crise mesurables, réalistes, réalisables et déterminées dans le temps (SMART) avec des solutions cherchées par un OPACQ de toutes les parties du cerveau (quoi, pourquoi, qui, comment …) qui ne seront pas ici toutes dévoilées car utilisées en discussions avec les parties.

Par François CHARLES

Ancien officier de l’armement, président de l’IRCE et de NOVIAL CONSULTING & INSTITUTE

Le cessez le feu n’est qu’un stade et non la résolution du problème. Soit l’Europe laisse faire et joue au Schlemiel (rusé) avec V. Poutine, qui se camouffle à chaque fois qu’il est découvert, comme le font de nombreux commentateurs et agresseurs anonymes, soit elle réagit encore plus fort économiquement qui est sa seule arme commune, soit enfin elle actionne l’OTAN, laissant le dialogue militaire aux Etats-Unis, hélas leader même en Europe, considérée comme sa fille par B. Obama. On peut d’ailleurs aussi rapprocher cela de l’attitude de V. Poutine qui ne veut pas admettre que les Ukrainiens puissent s’émanciper et les tromper avec quelqu’un d’autre. Elle peut aussi entamer un vrai dialogue d’interdépendance avec la Russie sans avoir recours aux Etats-Unis, tout en faisant comprendre à ces derniers qu’ils ne seront pas hors jeu et qu’il n’est pas question que la Russie les remplace. Mais si dialogue et solutions il y a entre l’UE et la Russie, il semble évident que les concessions doivent aller dans les deux sens sans forcément que la situation gagnant-gagnant soit à 50/50. L’une et l’autre doivent accepter enfin de reconnaître certaines réalités, car fautes avouées à moitié pardonnées. Elles doivent comprendre pourquoi elles trouvent légitimité à intervenir mutuellement et doivent se parler avant d’exiger un retrait ou une reconnaissance et non l’inverse, comme pour la Syrie. V. Poutine pourra-t-il aussi enfin reconnaître que les Datchas russes sont bien mieux équipées depuis l’ouverture vers l’Ouest ou cherche-t-il finalement à fermer les frontières et créer un nouveau mur comme en Allemagne de l’Est ...

Les perspectives de dégel

Rappelons les clés d’une négociation raisonnée : les participants sont là pour résoudre un différend, l’objectif est de conclure à l’amiable un accord judicieux et efficace, il faut traiter séparément les questions de personnes et le différend, il faut être doux à l’égard des hommes et dur à l’égard du différend, la confiance n’entre pas en ligne de compte, il faut se concentrer sur les intérêts en jeu et non sur les positions, éviter d’avoir des exigences minimales, imaginer un large éventail de solutions pour un bénéfice mutuel, mettre au point des solutions variées parmi lesquelles choisir, remettre les décisions à plus tard, exiger l’utilisation de critères objectifs, obtenir un résultat fondé sur des critères indépendants de la volonté, raisonner et être ouvert aux raisons de l’adversaire, céder au principe et non à des pressions, imaginer une Meilleure Solution de Rechange pour l’autre, faire si possible le deuil ensemble en identifiant les éléments de compréhension et de reconstruction

Il parait difficile d’activer ce dégel quand on voit le caractère aigu de certaines personnes, sans oublier que ce dernier peut engendrer de nouveaux liens mais aussi de nouveaux enjeux, comme nous le voyons de façon imagée pour les nouvelles routes commerciales issues de la fonte des glaces en Arctique. La France doit jouer un rôle important de par son caractère commun avec le peuple russe, comme également Angela Merkel, allemande de l’est, pour sa compréhension du deuil non fait de V. Poutine. Mais il convient d’apporter le rôle d’un troisième personnage, comme nous le faisons pour les autres conflits dans le monde, qui n’est pour l’instant pas intervenu : celui d’un médiateur extérieur qui ne soit pas proche des parties, même si certains diront que la meilleure chose est de laver son linge sale en famille, entre Européens, reste à prouver que V.Poutine et les Russes se disent Européens. Le choix est difficile mais pourquoi pas un Africain, seule vraie solution indépendante ? Quant aux séparatistes, s’ils viennent à la table, ils seront reconnus et deviendront peut-être plus responsables qu’enfants libres. Rappelons ici qu’il ne s’agit en fait rien d’autre qu’une médiation familiale.

Pourquoi ne pas profiter de l’argent russe pour sortir l’Ukraine de la crise en espérant que le sentiment antirusse n’y soit pas devenu trop fort ? Une non intégration à l’OTAN serait justifiable. Nous verrons ensuite si elle pourra ou non rentrer dans l’UE avec sa taille dont personne ne soupçonne vriament l’importance. Pourquoi ne pas proposer un statut de région, avec un Parlement, sans annexion, comme auparavant la Crimée, aux villes et régions russophones, autoproclamées Républiques « populaires » autonomes (voir articles précédents), comme la France reconnaît la langue corse et bretonne, pour faire allusion aux remarques des Russes en France. L’UE et la Russie, qui espère maintenir l’accord d’accès de sa flotte en Syrie, peuvent lutter ensemble contre l’islam extrémiste maintenant que l’Europe, sauf peut-être la France, applique la négociation raisonnée et ne semble plus mettre de postulat pour parler à Bachar el Assad, sans pour autant lui absoudre ses actions passées, même s’il considère qu’elles étaient salvatrices. Quant aux développements de projets, sans pour l’instant parler d’exportations tant que les esprits ne sont pas appaisés afin de respecter les règles européennes, ils pourraient faire oublier les non livraisons de bateaux jugés d’ailleurs inutiles par V. Poutine (voir article).

Les scénarii de conflit

1) Les Russes profitent notamment des indemnités pour alimenter les séparatistes, qui gagnent du terrain profitant des crises mondiales pour se faire oublier et assurent la jonction avec la Crimée comme le Téméraire voulait le faire avec tous ses territoires. Le conflit se stabilise. L’Europe préserve sa stabilité en faisant un trait sur son aide de souveraineté à son voisin ukrainien chez qui elle a pourtant déjà investi. La Russie prend le protectorat des territoires russophones et n’envisage pas d’aller plus loin en acceptant cette fois de ne plus violer l’espace aérien balte ni nord européen. Le statu quo est maintenu avec un embarras des deux cotés. Peu à peu les monarques font la paix car les peuples la font au dessus de leur tête. Bien entendu ce n’est pas acceptable en soit mais cela évite une guerre cette fois mondiale. Le soufflé redescend.

2) les Européens et les Etats-Unis envoient des armes à l’Ukraine, de peur qu’elle ne soit envahie car elle ne peut plus tenir longtemps. L’Ukraine en profite pour tenter de reprendre le terrain perdu plutôt que se stabiliser. La Russie accentue son aide et sa présence mais réalise aussi des manœuvres en Méditerrannée et vers les pays baltes pour détourner l’attention avant de lancer ses forces sur l’Ukraine mais en s’arrêtant à la frontière polonaise, puis…

2a) L’OTAN n’a pas eu le temps de réagir mais installe des bases de l’OTAN dans la plupart des pays de l’est européen comme le demande depuis longtemps la Pologne. En réaction, un nouveau mur est érigé le long de la Pologne, de la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie.

2b) l’OTAN réagit et installe ses troupes en Pologne, Slovaquie, Hongrie en rompant l’engagement de non installation à l’Est mais pas en Roumanie. C’est l’escalade. La Russie lance d’un coup son armée et ses missiles, réalise la troisième prédiction de Fatima, sanctuarise, sans espoir de lendemain, une grande partie des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la Pologne, des pays nordiques mais aussi de la France, sauf la Bretagne. Elle se dirige vers la Méditerranée, en passant par la Roumanie direction l’Italie pour rejoindre des troupes chinoises, pré-positionnées pour de soi disant manœuvres communes, venant lui porter secours par un accord secret tels que ceux entre Hitler et Staline. Les grandes villes de Russie sont atteintes avec aussi la partie à l’Est de l’Oural pour empêcher les jonctions chinoises avec aussi un égarement sur la Corée du Nord qui lance aussi ses forces sur la Corée du Sud. Les autres principaux pays en grande partie touchés par le feu nucléaire sont la Turquie, le Japon, la partie Nord de la Chine, le Moyen-Orient avec Israël qui en profite pour régler ses comptes, touchée elle-même par l’Iran qui a finalement réussi à fabriquer des missiles nucléaires, sans oublier la Syrie et certaines zones de Daesh. L’avion de V. Poutine est abattu. La Chine décide de se retirer du conflit. C’est le début d’une nouvelle ère où seule l’Amérique du Sud et l’Afrique sont intactes. L’Europe est cette fois réunie de l’Atlantique à l’Oural, guidée par le Royaume-Uni épargné mais avec 50% de son territoire non habitable pendant des décennies.

Ukraine : les options de maintien ou de sortie de crise

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