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Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Une nouvelle vision européenne

Il aura fallu que la Chine soit citée comme repreneur potentiel de joyaux industriels pour réduire, comme souvent grâce à des menaces externes, deux crises majeures intra-européennes dans les constructions navales et dans le ferroviaire, mêlant politique industrielle et géopolitique. On peut donc la remercier la Chine une nouvelle fois de nous aider à réagir entre Européen en espérant en profiter pour mieux nous comprendre, identifier nos forces motrices respectives et travailler ensemble, sans doute avec nécessité d'implication des institutions européennes au delà de simple validation sur une possible prise de position dominante, comme l'est d'ailleurs Airbus en Europe. Cet article fait suite aux deux premiers sur la Chine au secours de l'Europe.

Par François CHARLES

Ancien responsable d’affaires industrielles internationales Europe et Asie à la DGA, Président de l’I.R.C.E. et de NOVIAL Consulting

Espérant que les montages ne se sont pas faits à la va-vite et misant sur l'adage de Napoléon « je décide vite car j'ai longtemps réfléchis », on peut également se souvenir qu'en 1815, le retour de Napoléon a fait avancer le traité de Vienne qui traînait en longueur à coups de casseroles entre Européens et cette fois sur les actions de la France pour sauver son patrimoine et son identité.

Comme pour NEXTER et KMW, où on ne dit pas si les Chinois, qui ont des velléités même dans la défense, voulaient reprendre l'entreprise française, chacun aura ses lunettes en France et en Allemagne pour savoir si Siemens a sauvé en fusion ou mangé en acquisition ALSTOM, s'il fallait mieux aller chercher THALES avec ses compétences de signalisation ou le canadien BOMBARDIER d'origine française mais bien canadien comme semblent l'oublier certaines personnalités politiques qui en parlent pour faire un Airbus ferroviaire. On parle moins en France de l'émotion allemande lors de la reprise, ou du sauvetage d'OPEL. Comme pour NEXTER et KMW, on peut d'ailleurs tenter d'imaginer de reprendre le modèle PSA cette fois dans le transport ferroviaire, chacun pouvant continuer à fabriquer et vendre ses produits ainsi que de conserver ses clients.

Chacun aura également ses lunettes en France et en Italie qui ne comprenait ce revirement de l'Etat français mais aurait pu comprendre que la politique avait changé. Sans doute les Italiens ne s'étaient pas assez expliqués sur leur façon plus latine de fonctionner sans doute rassurante. La reprise des Chantiers de l'Atlantique, avec actuellement un certain carnet de commandes, ne semblait pas poser de problème avec le coréen STX pourtant asiatique, mais sans la même identité. Tout en reconnaissant d'ailleurs un savant montage de valorisation du 1%, tout le monde s'accordera que le danger chinois de reprise par le groupe China Railway Construction Corporation (CRCC) aura mis tout le monde d'accord effaçant en partie la problématique de l'entrée en lice italienne et pourtant européenne. Encore faudra-t-il respecter certains engagements pris. NAVAL GROUP, qui prend certes une part limitée, aurait pu remplacer totalement l'Etat afin de consolider sa position militaire mais surtout d'être confronté davantage aux fabrications civiles. Mais pourquoi pas une présence italienne comme FINCANTIERI qui, elle, menace les activités civiles. Misons sur une intégration des activités par opportunités de dynamique et de marchés plutôt qu'une compensation par nécessité d'allègement structurel.

Ces deux affaires doivent encore passer devant la Commission européenne, afin qu'elle les valide, conformément à un de ses domaines exclusifs qu'est la concurrence. Ceci ne devrait pas poser de difficulté en accord avec les discours et volontés actuelles, notamment sur la nécessité de protection extérieure. Car c'est bien de cela dont-il s'agit sans dire non plus que l'Europe se replie sur elle-même comme on l'entend bien souvent.

Sans forcément être fautive, la Chine s'installe dans le domaine stratégique du transport ferroviaire en vendant ses trains dans les pays du centre Europe sur des infrastructures en partie financées par l'Union européenne, mais également dans le domaine stratégique du transport maritime civil comme de luxe par le rachat de FERRETI en Italie et même de la construction militaire en proposant des sommes mirobolantes comme elle le fait également dans de nombreux domaines, comme notamment les exploitations viticoles et les terres agricoles, en faisant notamment monter les prix. Le choix de s'installer au port du Pirée racheté par le Chinois COSCO est également stratégique pour mieux contrer progressivement CMA CGM à Marseille. Dans l'automobile, on notera le rachat de PIRELLI en Italie comme celui de Volvo qui a servi au lancement du groupe chinois GEELY dans l'automobile qui a acquis des compétences technologiques et une marque de qualité.

Même si les Chinois sont reconnus comme étant de bons investisseurs, comme pourra le confirmer Henri GISCARD-D'ESTAING pour le CLUB MED, nous devons en profiter pour prendre conscience, de façon organisée et structurée, des choix stratégiques de la Chine, de ses analyses et actions planifiées à moyen et long terme et sa façon de créer des relations commerciales et de prendre des participations en Europe à travers ses nouvelles routes de la soie lancées en 2013 avec une communication « pacifique ». Nous devons établir des réponses cohérentes et intelligentes européennes soit par approche bilatérale concertée, soit de façon multilatérale en fonction des domaines.

Nous devons également montrer à la Chine que nous pouvons également rassembler deux industriels pour être plus efficaces ensemble, sans attendre qu'ils soient en difficulté si possible par facilitation mais également en douce violence des Etats qui en assurent la tutelle et qui ne sont pas uniquement là que pour intervenir uniquement, comme bien souvent, quand ces derniers le demandent ou quand le feu de la crise a besoin être éteint.

FC

ci-après les deux premiers articles ainsi qu'un document de la DGA

 

LA CHINE AU SECOURS DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE (suite des premiers articles)
LA CHINE AU SECOURS DE LA FRANCE ET DE L'EUROPE (suite des premiers articles)

ci-joint le calepin international de la DGA - voir DCNS (NAVAL GROUP) et FINCANTIERI

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