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Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Le Think et Do Tank des dynamiques européennes

Les élections en Suède puis en Italie viennent de livrer leur lot de quasi ou pseudo surprise avec une nouvelle poussée des esprits plus nationalistes, rappelant d’autres scrutins comme en France ou en Autriche et certains comportements potentiels dans certains pays de centre Europe. Certains considèrent qu’une page se tourne mais qu’en sera-t-il en réalité dans l’Union soit-disant unie dans la diversité ?

Par François CHARLES

Economiste, politologue, sociologue, conseil en stratégie, management et affaires européennes, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE).

Une cohalition entre partis de droite, tirée cette fois par l’extrême, dite par certains proche du faschisme, avec un développement fulgurant qui n’était qu’à 4% il y a peu, est donc à nouveau quasiment en place en Italie, pays fondateur de l’UE, grâce notamment à une grande abstention mais avec discours également libéral à la fois économique et politique qui a plu.

En Suède pourtant pays modèle social initié par un Français, un parti social démocrate plutôt euro-sceptique, reste en tête devant un parti fondé par nationalistes et apparemment néonazis, qui n’ont plus peur de se cacher, appelé Démocrates de Suède, en fait nationalistes d’idéologie d’extrême droite et de communication dite populiste.

En France,  la droite traditionelle « et du centre », qui n'a pas compris l’initiative Droite Fédérale, a laissé le parti plutôt nationaliste,  qui n’accepte pas le terme d’extême droite, lui damner le pion même au parlement européen depuis deux élections. La gauche insoumise a tiré la gauche socialiste, réduite et garante du socle et de l’esprit européen, à la limite de prendre le pouvoir. Une grande partie des états européens s’est inquiété quand le Front National est rentré en masse au parlement européen. Désormais, tout semble normalisé et les plus virulents sont désormais les insoumis, restant néanmoins plus fréquentables dans l’hémicycle européen ou national où la dédiabolisation n’a pas encore totalement porté ses fruits à part dans les campagnes avec 70% des suffrages exprimés pour certaines élections et désormais 89 élus à l’Assemble nationale.

En Hongrie, qui rappelle plus que l’Autriche, un peu plus modérée, qu’elle a tout perdu après la première guerre mondiale et en Pologne qui semble enfin reconnaitre certains effets de leviers européens, certains partis sont en place sans forcément être dans l’extrême et gare à ceux qui leur donnent tribune sous peine d’être blacklistés en France ou par certaines institutions justement gardienne de valeurs.

L’Allemagne est peut-être une exception avec ses 10 % de députés de l’AID du fait de son histoire encore plus particulière et le contrôle de toute irruption volcanique potentielle.

Mais finalement ces élections historiques changeront-elles quelque chose dans chaque pays et au niveau européen où les extrêmes ont le point commun d’avoir la capacité de passer d’un bord à l’autre, redécouvrant la notion de national socialisme ? Les nouveaux élus de gouvernance vont certes être attendus comme des alliés de poids par certains pays de centre Europe. On verra jusqu’où cette amitié existera quand il s’agira de récupérer les fonds structurels alors que l’Italie a besoin de refaire ses infrastructures. Rappelons nous que la Suède a estimé avoir perdu un allié avec le Brexit. Sans compter que tous ces partis ne souhaitent finalement pas ou plus sortir de l’UE.

Comme l’ont bien compris certains leaders et anciens parlementaires qui n’avaient en fait que peu de pouvoir à Strasbourg dans une assemblée diluée, les élections nationales devront se caler sur les décisons européennes passées sur les seuls domaines partagés. En fait cela ne changera rien tant que les chefs d’état, de gouvernement et les ministres ne changeront pas peu à peu aux Conseils. La cheffe de la Commission européenne, pourtant mise en place par les Etats de l’UE, et parlant plus que le Président de l’UE, le sait bien quand elle s’adresse aux nouveaux entrants avec une certaine toute puissance normative à la fois de souhait de travail commun, de mise en garde et de veille. Comme dit au départ, elle sait aussi que cette cohalition a déjà gouverné momentanémanet en Italie et que les partis infréquentables le deviennent, comme pour se rassurer que toute organisation doit vivre des cycles nécessaires pour mieux se regénérer, sauf à penser de façon rassurante que le système mis en place a finalement pour objectif de lisser les vagues perturbatrices. Même avec des initiatives pouvant paraitre étonnantes mais rassembleuses, elle semble savoir écouter comme lors des questions en réponse à son discours sur l’état de l’Union, et sait qu’elle n’a pas grand-chose à craindre du Parlement dont l’ancien président n’avait pas été choisi parmi le groupe le plus représentatif suite à la négociation de sa nomination.

Elle doit aussi savoir composer avec leurs revendications concernant l’insécurité, l’immigration, la remise en question du dogme climatique, la fonction publique et devrait aussi lancer une commission d’analyse du Brexit et de ses revendications qui se permettaient de critiquer la gouvernance européenne mais que la Suède, justement, regardait avec attention. Elle doit savoir aussi que tout rejet peut renforcer les exclus et donc souvent les extremes qui peuvent ensuite devenir la norme et qu’elle peut aussi devenir acceptable pour construire une certaine Europe à leur façon, dont ils ne veulent pas forcément sortir. Elle doit comprendre que le moule unique européen sans juste équilibre peut tuer sa nature diverse qui en est une richesse, que la gouvernance peut aussi évoluer et que le nationalisme n’implique pas forcément la guerre si ceci est bien géré.

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