Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Le Think et Do Tank des dynamiques européennes

Si la guerre en ukraine reveille une certaine solidarité, sans doute parfois intéressée, certaines valeurs et certaines réalités, elle bouscule également les monnaies avec leurs jeux d’engrenage. L’euro qui protège est désormais à parité face au dollar qui se valorise aussi envers quasi toutes les autres monnaies. Les Européens savent heureusement se rassembler pour prendre des mesures fortes. La solidarité devrait aussi s’opérer entre banques centrales occidentales en oubliant certaines rancoeurs sous-jacentes.

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, management et affaires européennes, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE).

Quand l’euro est fort, certains sont mécontents car cela limite l’export, sauf quand les productions sont externalisées, en oubliant le pouvoir pour les achats professionnels et surtout privés avec des taux faibles. Quand l’euro est plus faible, le vent souffle pour montrer ses risques face au dollar en redoutant la remontée des taux dont celui d’usure, alors que dans les années 1990, ils étaient de plus de 10% en France. Certains avancent que la faiblesse d’identité de l’euro à l’international est liée à la politique et la défense mais sans forcément vouloir chercher à indexer les achats d’énergie en euro avant que la crise actuelle, a priori impossible, n’arrive. Les dirigeants russes doivent apprécier, alors que les Européens ne voulaient pas payer leurs fouritures en roubles.

L’euro, poussée par la France envers l’Allemagne avec le soutien du Royaume-Uni qui a eu le droit de ne pas y passer, protege toujours face aux nombreuses crises connues depuis sa création. Elle vient encore de le faire en interne pour protéger ses consommateurs face aux augmentations énergétiques tarifaires. Le problème sera peut etre l’élasticité des règles de déficit de 60 et 3%, largement dépassée par certains pays et l’hypothétique remboursement de la dette, qui devait l’etre par les marchés…

Si l’euro, tellement fort, voire trop fort avant, pour ne pas empecher de dormir nos amis allemands, semble désormais plus faible, ainsi que les autres monnaies européennes principales face au dollar, il n’est pas forcément affichable que la zone euro soit faibles. Face au dollar, l’essentiel n’est-il pas  une certaine parité, même si la BCE n’affiche pas de volonté de taux de change avec néanmions une veille sur le panier de biens.

On emprunte désormais en zone euro pour placer en zone dollar suite aux impacts de la guerre en Ukraine, qui devient l’alibi général à la mode, certes avec des Etats-Unis désormais autosuffisants en énergie, mais aussi par crainte de gestions nationales hasardeuses avec d’énormes déficits budgétaires alors que celui des US est abyssal. Mais peut-être considère-t-on aux Etats-Unis qu’il s’agit d’investissements pour aider l’Ukraine et ensuite bien entendu recevoir les dividendes avec la reconstruction du pays, ce qui diffère souvent des valeurs européennes. Alors que l’objectif est de gagner la guerre ou sinon enrayer l’épidémie, personne ne cherche d’ailleurs à savoir si les Etats-Unis, qui achetent pour leur compte pour fournir l’Ukraine, revendent ils finalement et à quel terme en prêtant aussi de l’argent ? Nul doute que l’Ukraine sera fourni ensuite en avions étasunien plutôt qu’européens.

Les Etats-Unis protectioinnistes en profitent aussi pour demander à leurs fournisseurs européens d’analyser désormais des productions locales soit disant pour éviter les ruptures de production liée à l’énergies et en profitent pour demander de baisse de prix. Peut-être devraient-ils aussi nous montrer un possible effort de parité et de solidarité en oubliant les anciens choix énergétiques naturels européens plutôt orientés vers la Russie.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article