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Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Le Think et Do Tank des dynamiques européennes

Après avoir fait le hold-up de la présidence française, le Président Macron, courant les réunions avec ses paperboards pour expliquer la méthode, vient de placer ses candidats, sans forcément faire officiellement le grand chelem avec le Parlement, tout en le réalisant néanmoins sur le fond. Espérons que cela engagera l’Europe dans le bon sens car nous avons bien noté que l’Allemagne s’est abstenue dans une compréhension souvent difficile du couple ou le moteur franco-allemand par chacune des parties. Sans doute faut-il revoir le vocabulaire.

 

Par François CHARLES

Economiste, conseil en stratégie, marketing et intelligence économique, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe

 

On aurait pu reprocher au président français de ne pas agir en Européen consensuel en s’énervant sur des décisions qui n’étaient pas prises en quelques jours et qu’il s’y prenait mal avec ses partenaires agissant plutôt dans le consensus. Certes, répétera-t-il peut-être qu’il est protégé par la constitution française.

 

Les noms des ténors pressentis ne sont pas présents et ont été replacés par des personnes soit disant plus consensuelles, mais espérons-le tout aussi fortes. Rappelons qu’A. Merkel avait soutenu C. Lagarde pour le FMI mais a mis son véto sur M. Barnier, peut-être pour rappeler ses marques d’affection aux britanniques, et que les pays du centre Europe ont mis le véto sur la candidature du néerlandais Timmermans dont le pays a souvent des choses à dire. Rappelons enfin que si D. Tusk était certes le Président du Conseil européen, il était désormais déconsidéré dans son pays de centre Europe.

 

Sans imaginer de comparaison historique, la conférence de presse du Président français montre qu’il a réussi à imposer son leadership et sa gouvernance, avec un Président belge du Conseil européen à qui il fait la bise, qui n’a pas acheté d’avions mais a lancé un grand partenariat d’armement terrestre, une future possible Présidente allemande francophone de la Commission qui s’accorde bien avec F. Parly, un espagnol Haut représentant pour les affaires étrangères et la sécurité dans la logique de l’ombrelle stratégique sur ce pays et du programme SCAF et enfin une française reconnue comme compétente à la Banque Centrale.

 

E. Macron parle de changer les traités  comme beaucoup de monde le préconise, mais sans doute une fois de plus à sa façon. Crainte et frustrations étaient dans de nombreux non dits à Strasbourg chez la majorité des élus rencontrés ce mardi, devant le vrai pouvoir encore plus réaffirmé des Conseil et de la Commission. L’élection du Président du Parlement a été jugée peu démocratiques car imposé par le Conseil. En l’absence de candidat PPE, la victoire offerte au S&D, est sans saveur, certes au second tour. Les élus du PPE, groupe le plus important, se contentent d’appréciations neutres ou positives. Ils approuvent bien entendu les quatre nominations en se prononçant sur les noms pour éviter de parler du processus et rompent le dialogue quand on veut parler du pseudo couple franco-allemand qui ne fonctionne pas sauf dans les discours d’EM quand son leadership s’impose et qu’il faut reconstruire autrement.

 

Finalement Dadid Sassoli, un italien de dernière minute remplace donc un autre italien à la présidence du Parlement mais a priori pour un temps, avant de laisser son siège au spitzen kandidat selon l’accord négocié. Son discours, très énergique, social démocrate, qui a toujours fait avancer l’Europe, unis dans la diversité, et environnemental avec la volonté de mettre en place de nouvelles règles et instruments dans la « maison de la démocratie européenne », reçut les félicitations positives de tous et même des nationalistes plus affirmés souhaitant un certain équilibre, une neutralité, une impartialité, une équité et un respect de la part du président.

 

Notons néanmoins une certaine agressivité des verts, qui se sentent pousser des ailes, (même au bar des MEP), plus affirmée que les nationalistes, alors que pourtant associés aux libéraux qui obtiennent aussi le pouvoir à la Commission.

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