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Publié par IRCE - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Une nouvelle vision européenne

A la redécouverte des centimes d’euros

L’euro a fêté ses 10 ans d’existence. Il nous a épargné des frais de change, facilité les échanges, préservé des crises, des tentatives de fragilisation de nos monnaies par spéculation, des taux d’intérêt record et des impacts néfastes des agences de notations qui essaient de nous faire peur.

Mais on voit aussi l’inflation que nous avons traversée plus ou moins bien digérée par certaines nations, due notamment à certaines habitudes internes que sont pas forcément liées avec la désormais nécessaire stabilité de change.

Par François CHARLES

Economiste, sociologue, conseil en stratégie et management, président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (IRCE), ancien partenaire officiel euro de la banque de France

Si le passage à l’euro a mieux été vécu dans le couple franco-allemand avec des taux d’intérêt qui ont baissé et restent bas, certains pays ne l’ont pas vécu de la même façon car pour certains, les taux ont augmenté et ils doivent faire davantage de sacrifices, comme je l’entends tous les jours en parcourant l’Europe, notamment à Paris.

Outre les nécessaires rattrapages de parité, une des causes de l’inflation est liée à « l’Euro aux hormones ». Habitués à fonctionner avec des unités de francs, la grande erreur fut de chercher à fonctionner trop rapidement avec l’unité d’euro plus qu’avec les centimes, pièces bizarres pour nous (mais en métal bronze comme les penny …) et insignifiantes pour le comparer avec l’unité monétaire du dollar.

Je rappelle souvent à la fois cette histoire sur la façon dont je distribuais en 1994 des billets de 1 dollars au Vietnam aux enfants pauvres jusqu’à ce que l’on fasse justement remarquer que là-bas c’était une fortune. Il y a surtout l’histoire de la machine à café sur l’autoroute qui était passée en moins de deux ans de 2 francs à 6 francs puis un euro (soit 6,65957 frs) pour atteindre l’unité ! Dommage qu’il n’en était pas de même pour les salaires…et du coup nos pauvres aussi demandaient un euro !

Je me suis longuement exprimé sur l’historique, les fondements et les garanties de l’euro dans la triade Euro, fédéralisme et convertibilité or d’Euro-obligations (1, 2 et 3). L’Euro n’est pas à remettre en cause car c’était une bonne mesure notamment pour les constats énoncés ci-avant. Certains pays possèdent même cette monnaie sans être dans l’Europe monétaire. Et demandez aux entreprises britanniques et aux personnes qui se déplacent en Europe ce qu’elles en pensent…

Alors partenaire officiel euro, je répondais aux questions d’appréhension et je communiquais sur les avantages pour les entreprises et les particuliers, sur les produits que nous allions découvrir et faire découvrir mais aussi pour mieux voyager. Il a fallu éduquer sur les nouvelles pièces et les billets. Désormais nous redécouvrons donc les centimes d’euros. Nous ne sommes pas plus pauvres, nous sommes en plein réapprentissage et redécouverte de la vraie parité et d’un vrai mode de fonctionnement.

La faute psychologique au dollar sur ce modèle que nous voulions, qui doit sourire et qui se garde bien de vouloir rattraper l’Euro, sauf à perdre désormais jour après jour du terrain dans sa toute puissance mondiale. La faute technique aux actuaires qui ont sans doute mal défini cette parité du panier de monnaies et ont oublié certains facteurs, certains coefficients, voire aussi un certain bon sens. La faute de gouvernance que les Etats n’ont pas su mettre en place assez tôt pour limiter la hausse des prix et de l’Union dont le Parlement n’était pas aussi fort qu’aujourd’hui pour dire son mot .

La faute à nous même si nous n’en prenons pas conscience en 2014.

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