Le 14 juillet 2026 des volontaires rassemblés pour, voire par l’Ukraine…
Le 14 juillet 2026 fera sans doute date pour l’Europe, voire pour l’Ukraine. Dans sa démonstration et sa tradition d’accueillir des troupes étrangères, la France et le Président Macron, chef des armées, a voulu montrer de nouveaux gestes de soutien et de considération à travers la dynamique des volontaires, au-delà des intentions ou des dons qu’elle ne peut faire que de façon limitée mais en accord avec l’Allemagne, voire l’OTAN, sur la limite de potentielle d’intégration dans certaines organisations. Espérons que V. Zelensky, également chef des armées d’une nation actuellement combattante, résistante puis résiliente, aidée lors de la montée de la crise en 2022, a apprécié cette démonstration de compétences qui forme son armée.
Par François CHARLES
Eco et géopolitologue, expert stratégie et management, ancien responsable affaires industrielles internationales et politique d’offsets à la DGA, Président de l’Institut de Recherche et de Communication sur l’Europe (I.R.C.E.)
Rappelons qu’au-delà d’une potentielle présence en Ukraine au lendemain d’un possible cessez le feu, maintenant aussi une certaine pression pour l’obtenir, l’engagement des volontaires rassemble une coalition de 35 pays non uniquement et totalement européens, d’initiative britannique rejointe par la France, comme au sein de l’OTAN la même année. Elle vise à maintenir une aide à l’Ukraine, à garantir sa souveraineté et sa sécurité, renforcer ses capacités militaires défensives et une pression économique sur la Russie, qui n’a que faire de ces considérations mais qui commence à s’inquiéter désormais de sa propre résistance et résilience non seulement aux sanctions occidentales mais aussi à la tournure de la guerre contre une nation respectable en terme de taille et de potentiel.
Avec tous les moyens de renseignement à disposition, il semble étonnant, sauf si justifié, de ne pas savoir réellement où en est la Russie dans un potentiel armement pour une supposée attaque massive vers un autre pays, sauf dans un baroud d’honneur et un coup de poker, et sauf à pousser les nations à réarmer au cas où, dans une certaine dynamique de gouvernance et économique.
On peut aussi se demander pourquoi se rassembler uniquement en cas de cessez le feu. Que se passerait-il si les alliés s’installaient en Ukraine, étant donné qu’ils sont déjà dans les pays de la ligne de front, considérant que V. Poutine a déjà déclaré apparemment une guerre plus ou moins ouverte mais sans déclaration officielle, et qu’il n’a rien fait non plus, comme il l’annonçait, en représailles des combats dans l’Est ou en Crimée, qu’il a annexé selon son droit. Mais est-ce sans doute comme pour les intérêts vitaux français mouvant en fonction de la situation. Il ne peut désormais se moquer de la ligne rouge de B. Obama, sauf bien entendu considérer qu’il s’agit toujours d’une opération spéciale comme à Prague ou Budapest, mais qui a mal tourné.
Mais finalement pourquoi effectivement imaginer un coupe feu comme proposé pour arrêter la propagation, alors que la ligne de front ne bouge plus, comme finalement avant 2022, avec encore des morts tous les jours ? Tant qu’un armistice ne sera pas signé, aucune intégration d’un pays en guerre ne sera possible. Rappelons aussi par ailleurs que la France et l’Allemagne n’ont apparemment jamais signé de traité de paix, ni d’ailleurs la Russie et le Japon.
La protection antimissile annoncée par le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine et le Royaume-Uni s’insère bien dans cette initiative des volontaires et sans doute suite aux compétences développées par l’Ukraine qui rassemble la France et l’Allemagne sur ce thème alors qu’elles semblaient aller sur des chemins différents. Elle consolide son image de partenaire pour l’UE qui ne doit pas forcément lui octroyer un ticket d’entrée par compensation avec deux nations menantes, dont une très grande prêteuse, justement en accord avec une intégration progressive. Agissons le cœur ouvert mais la tête froide, avec réalisme comme avec un autre grand partenaire désormais en situation latente, voire en retrait, avec une histoire et des réalités également assez problématiques, sans être forcément identiques mais qui pose un certain nombre de problèmes relationnels dans les discussions stratégiques.
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