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Publié par I.R.C.E. - Institut de Recherche et de Communication sur l'Europe - Le Think et Do Tank des dynamiques européennes

En ce jour de 14 juillet, entre amis  européens sélectionnés sur les Champs-Elysées avec un défilé ouvert par l’innovation, porteur d’un message d’identité vers la Nation mais également envers les autres, il était important de reparler de la Chine non plus uniquement à travers l’économie, comme les précédents articles, mais également de défense et de sécurité.

 

Par François CHARLES

Expert relations européennes et internationales, ancien responsable d’affaires industrielles Europe et Asie à la DGA, et président de l’I.R.C.E.

 

Certaines fêtes rappellent que les Français peuvent être fiers de leur identité de défense retrouvée, rappelée la veille avec l’inauguration d’un sous-marin très technologique de classe Barracuda soulignant l’indépendance de la France, véritable force motrice en faveur d’une certaine politique de défense européenne. Notons que le Royaume-Uni ne fait pas partie de la coopération structurée PESCO mais est membre de l’Initiative européenne d’intervention, structure extra UE non prévue dans les traités, apparemment non comprise par tous de la même, mais qui préfigurera l’identité européenne au sein de l’OTAN sur laquelle nous travaillons depuis longtemps, mais sans doute pas comme à la légion à composante internationale où « c’est comme ça et pas autrement ».

 

Si les précédents articles sur « la Chine au secours de l’Europe » parlaient d’intelligence économique et notamment des capacités chinoises de financement, il pourrait en être de même pour la justification d’un réveil européen de défense sur le risque d’alliance russo-chinoise technologique et militaire, au-delà des questions franco-étasuniennes, pour rassembler les européens à la fois pour l’innovation, la fabrication et la simulation commune pour une efficacité opérationnelle optimisée. Paul Reynaud, qui voulait maintenir la France dans la guerre, écrivait en 1947 que la France avait sauvé l’Europe. Quand la France impose à ses partenaires de faire des choix quand elle n’en fait pas, quand Emmanuel Macron sait faire un discours national d’une part pour le peuple et les armées dont il est le chef, avec l’indépendance de la France, et européen de l’autre sans partager la dissuasion et dont la notion de chef qui peut aussi poser problème, cette stratégie de multilatéralisme à la carte sauvera peut-être la France quand il reçoit d’abord le Président Chinois avant de le convier avec la chancelière allemande et le président de la Commission européenne car cela plait sans doute aux Chinois qui sont les maîtres du double discours même avec les Etats-Unis.

 

Pourquoi ne pas inviter à un prochain défilé le Président Chinois qui aime les démonstrations et qui considère, comme son peuple, la France d’une façon particulière non pas grâce au luxe, mais par sa volonté d’indépendance face aux Etats-Unis, même avec un certain esprit de revanche reconnu envers l’occident et donc pour une certaine souveraineté économique mais bien également militaire au moins pour protéger les voies maritimes commerciales, dans une certaine approche historique britannique de protection des convois. Est-ce uniquement pour cela que la Chine a construit en 3 ans les capacités maritimes de défense françaises ? Rappelons-nous les mots de Xi Jinping disant à ses soldats de Djibouti de se préparer à la guerre sans forcément dire qui est l’ennemi. Il est écrit que les Chinois retrouveront les Russes en Méditerranée, ce qu’ils font déjà pour leurs manœuvres, mais finalement à partir de quel scénario, et pourquoi pas de rupture avec une sécession européenne des pays du centre, non avec le soutien des Russes, mais des Chinois avec lesquels ils négocient déjà ensemble sur l’économie avec le soutien du Luxembourg ?

 

Les relations d’interdépendance passent souvent par des questions de dépendance, de contre dépendance ou d’indépendance avec parfois une roue à retourner quand cela n’accroche pas. S’il est décidé d’envisager certaines coopérations, dont technologiques, l’essentiel est de le faire et  travailler cette fois en connaissance de cause que l’eau de toute façon trouve toujours un chemin.

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