Commémoration du 150e anniversaire de la naissance de Josep Irla, Fête Nationale de la Catalogne à Paris
Commémoration du 150e anniversaire de la naissance de Josep Irla, Fête Nationale de la Catalogne à Paris, le 4 septembre 2026, à 18h30, Schola Cantorum à Paris
Après une introduction et mots de bienvenue à la Conférence, une historienne de l’Université de Barcelone, Mercé Morales Montoya, nous à présenté la biographie de Josep Irla, le Président en exil de la Generalitat de Catalunya de 1940-1954, suivi par un cocktail accompagné par la musique de violon et la guitare. Plusieurs dignitaires étaient présents y compris l’Ambassadeur de l’Espagne auprès l’UNESCO. Merci encore pour cette invitation
La conférence a commencé par une citation de Marc Bloch: « L’incompréhension du présent nait fatalement de l’ignorance du passé. »
Contexte et naissance : 150 ans en 2026
Josep Irla i Bosch est né le 24 octobre 1876 à Sant Feliu de Guíxols (Catalogne). L’année 2026 marque le 150ᵉ anniversaire de sa naissance, commémoré par plusieurs institutions catalanes comme un symbole de la défense de la démocratie et de la continuité institutionnelle en exil.
1939 : l’exil après la guerre civile
À la fin de la guerre civile espagnole, fin janvier 1939, Irla — alors président du Parlement de Catalogne — prend le chemin de l’exil vers la France, comme la plupart des autorités catalanes. Il traverse la frontière avec des membres de sa famille, mais sans ses biens, qui seront ensuite confisqués par le régime franquiste.
Dans les premières années, il vit dans les Pyrénées-Orientales (Le Boulou, puis Céret), où il tente de subsister grâce à son métier d’origine dans l’industrie du liège. En 1940, il est arrêté parles autorités de Vichy et interné au Mans, avant de s’évader et de revenir à Céret.
1940–1945 : assumer la présidence en exil
Après l’arrestation et l’exécution de Lluís Companys par les franquistes en octobre 1940, Irla devient automatiquement président de la Generalitat de Catalogne en exil, conformément au statut intérieur catalan. Il refuse de partir en Amérique et reste en Europe pour maintenir le lien institutionnel.
Les premières années de sa présidence sont marquées par la précarité, les restrictions liées à la Seconde Guerre mondiale, et la situation difficile des réfugiés catalans en France. Les ressources économiques diminuent et la survie quotidienne devient une priorité.
1945 : espoir et organisation de l’aide aux réfugiés
À la libération de la France et à la fin du conflit en 1945, beaucoup espèrent la chute prochaine de Franco, mais la réalité reste difficile pour les exilés : incertitude, précarité, besoin impérieux de nourriture et de stabilité. Irla organise alors une présence discrète mais constante pour aider les réfugiés.
Il s’appuie sur la communauté catalane d’Amérique et d’Amérique latine, dont le soutien financier et moral devient décisif pour maintenir les institutions en exil. En septembre 1945, il forme un gouvernement de la Generalitat en exil, dans l’espoir d’assister à un retour de la démocratie en Espagne.
Services sociaux, formation professionnelle et reconstruction de la dignité
Face à la détresse matérielle, Irla favorise la mise en place de services sociaux et de formations professionnelles pour les exilés : mécanique, menuiserie, bourses d’études, etc. L’objectif est de reconstruire leur vie dans la dignité, de sortir de l’incertitude et d’accepter que la vie continue.
Cette approche pragmatique vise à permettre aux familles, et surtout aux enfants, d’apprendre la langue du pays d’accueil et de poursuivre leur avenir, sans renoncer aux responsabilités envers la communauté immigrée. L’aide est pensée comme un programme organisé et durable, pas comme une assistance ponctuelle.
Préserver la communauté, la langue et la culture
Pour Irla, il s’agit aussi de ne pas laisser la communauté se désagréger : maintenir un sentiment d’appartenance collective, préserver la langue et la culture catalanes, et garder le lien avec les institutions perdues. Même dans l’ombre de l’histoire, il veille à préserver la légalité et la responsabilité institutionnelle.
Son action est guidée moins par la simple préservation formelle que par une conviction profonde : servir la communauté qu’il représente, avec patience, persévérance et pragmatisme.
Fin de mandat et héritage
En 1954, pour des raisons de santé, Irla démissionne de la présidence ; Josep Tarradellas lui succède. Irla meurt en exil à Saint-Raphaël (Provence) le 19 septembre 1958, sans jamais avoir pu revenir en Catalogne en tant que président.
Son héritage est celui d’un président « dans l’ombre », qui a assuré la continuité institutionnelle, organisé l’aide aux exilés, et maintenu vivant le projet démocratique catalan dans des conditions extrêmement difficiles.
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